Making of Richie

 

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  Au commencement, il n’y avait rien.

  Ah non, ça ! Pas même un croquis sur un sous-verre ou un bout de plasticine sur lequel se défouler. Juste un SMS disant : « Olsen, si t’as un peu de temps, serais-tu disponible pour nous réaliser un petit clip de bons vœux pour 2013 ? » Signé « MasterCard ».

  Il a donc fallu partir de rien… et inventer un univers, un personnage, une histoire.

  Deux scénarios différents virent le jour : « Crunch’s Present » qui ne fut pas retenu. Et « Richie and the lamp » qui fit l’unanimité chez MasterCard. Un scénario simple qui tient en une minute, avec pour personnage principal un micro Gavroche à la bouille rondouillette, aux pommettes tomate et au regard penaud… La recette miracle pour faire craquer les employées de MasterCard !

  Richie avait fait ses preuves de séducteur. Il fallait à présent lui donner vie.

 

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 Richie

  Il a fallu concevoir, pour créer le personnage de Richie, un squelette articulé sur lequel pouvait se greffer sa grosse tête. Afin d’assurer une bonne stabilité à la marionnette, il fallait lui alléger au maximum la boîte crânienne et lui élargir les pattes. J’ai calqué mon schéma sur celui du personnage de Sémo*.

  Pour la tête : de la pâte à cuire au four englobant une boule en polystyrène, avec de grosses perles pour les yeux (dont le trou sert de pupille et permet la rotation de l’œil dans son orbite).  La même pâte cuite me servit pour bâtir les différentes parties du corps que je reliai entre elles grâce à du fil en cuivre… J’ignorais encore à cet instant que le métal, à force d’être plié et déplié, allait faire de Richie un manchot cul-de-jatte décapité dès le second jour de tournage. Le bonhomme n’en est plus aujourd’hui à son premier passage au bloc opératoire.

 Le Lampadaire

  J’avais premièrement l’intention de faire de notre lampadaire un personnage animé. Avec des yeux aux expressions tristes lorsqu’il s’éteint et gaies dès que son ampoule s’illumine. Malheureusement, le temps et les restrictions budgétaires ne m’ont pas permis d'ajouter ce petit plus à la fiction.

  C’est un tube en cuivre de 8mm de diamètre qui constitue le boyau central de notre lampadaire au travers duquel passent les fils électriques qui alimentent sa petite ampoule reliée à un dimer d’intensité. Le reste est fait de pâte à modeler enroulée autour du tube et cuite au four… Du cuivre au four ? Oui. Et ça n’explose pas !

 Le décor

  Voilà plus de 10 ans que les petites maisons constituant le village prennent la poussière dans le coin d’un grenier. A l’aube de notre 15ème année, ma sœur Amandine et moi avions déjà l’ambition de réaliser un film d’animation et avions entrepris la construction de ces décors. Carton, balsa, terre glaise et hop ! Le monde qui serait celui de Richie une décennie plus tard était né. La vie, les études, les voyages nous ont fait abandonner ce projet (comme tant de ces rêves qu’on a étant tout jeunes) mais n’ont pas été jusqu’à nous donner l'envie de foutre à la poubelle ces si précieux bricolages.

  En 2012, nos maisonnettes, après un bref lifting et l’accord d’Amandine, étaient prêtes à affronter leur destinée : se retrouver sous les projecteurs !

 

*Personnage principal du court métrage « La Ballade de Semo » mai 2009.

 

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  La théorie, c’est que l’œil humain ne distingue plus une série d’images fixes lorsqu’elles lui défilent sous le nez à raison de 24 par seconde. A cette vitesse, l’image devient animation. (24 images pour les grands écrans, 12 dans le cas de « Richie and The Lamp » )

   La pratique, c’est 12 photos pour une seconde d’animation. C’est 12 fois bouger d’un rien le bras de Richie. 12 fois faire un peu bouger l’appareil photo pour donner l’illusion d’un travelling. 12 fois prendre une photo… Le tout avec le maudit bras qui tombe par-ci, un spot qui se décroche par-là, la batterie de l’appareil qui tombe en rad en plein shooting… le bras qui retombe…

  Les heures se transforment en jours et au bout de deux semaines passées à genoux, les mains dans la fausse neige, le résultat est là. Les photos se sont transformées en film. Richie a pris vie !

  Souvent les gens s’exclament « Rooh ! Mais comment fais-tu pour avoir cette patience ? » Souvent je réponds : « Hé oui, l’animation c’est un vrai boulot de gonzesses »… N’y voyez pas là une réplique aux accents misogyne. Bien au contraire.

  Faire de l’animation, c’est finalement développer un don commun avec les femmes : Celui de donner la vie.

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Construction du plateau de tournage :

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